
Le concert de la DJ Barbara Butch, programmé samedi 18 juillet au festival Cabaret Frappé à Grenoble, a été interrompu après une vingtaine de minutes à la suite d’une mobilisation d’environ 150 à 200 militants pro-palestiniens. Les manifestants, réunis à l’appel de collectifs de solidarité avec la Palestine et soutenus par l’élu grenoblois de La France insoumise Allan Brunon, dénonçaient la présence de l’artiste en raison de son soutien public à la proposition de loi Yadan et de ses prises de position favorables à la politique israélienne.
Depuis plusieurs semaines, les organisations à l’origine du mouvement réclamaient un boycott culturel de cette programmation, estimant qu’il était inacceptable d’inviter une personnalité ayant soutenu un texte remettant en cause la liberté d’expression des défenseurs de la cause palestinienne. LFI Grenoble a affirmé que son appel relevait d’une mobilisation politique contre les soutiens à la politique israélienne, et non d’une attaque visant Barbara Butch en tant que personne.
Face aux perturbations, la municipalité a décidé d’interrompre le spectacle, invoquant des raisons de sécurité. La Ville de Grenoble a annoncé son intention de déposer plainte, tandis que plusieurs responsables politiques, de la majorité présidentielle au Rassemblement national, ont dénoncé une atteinte à la liberté de création. De son côté, Allan Brunon a défendu une manifestation pacifique, contestant les accusations de violences formulées par certains organisateurs.
L’incident a rapidement pris une dimension nationale. Les dirigeants du Rassemblement national, de Renaissance et du Parti socialiste ont mis en cause La France insoumise, accusée d’alimenter un climat de tensions. Le PCF de Grenoble a également condamné l’interruption du concert tout en réaffirmant son opposition au génocide à Gaza et à la proposition de loi Yadan. Son communiqué met toutefois avant tout l’accent sur la défense de la liberté de création et condamne les modalités de la protestation. En faisant de l’interruption du concert le cœur de sa réaction, il relègue au second plan les motivations politiques des manifestants et le contexte du génocide à Gaza.
Les responsables insoumis ont, au contraire, réaffirmé leur soutien à la mobilisation en faveur du peuple palestinien, tout en rejetant les accusations d’antisémitisme, qu’ils considèrent comme un amalgame entre critique de la politique de l’État d’Israël et haine des Juifs.
Sources :
https://information.tv5monde.com/culture/barbara-butch-la-dj-queer-qui-derange-2830904












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