
Luigi Mangione, 28 ans, a plaidé coupable vendredi devant un tribunal fédéral de Manhattan des chefs d’accusation de harcèlement ayant entraîné la mort de Brian Thompson, le PDG de l’assureur UnitedHealthcare. Devant la juge, il a déclaré : « J’ai tiré sur M. Thompson dans le dos » et a reconnu avoir prémédité son acte.
Le jeune homme a expliqué avoir agi après « des années de douleur intense » liées à un problème de dos, et avoir ciblé le dirigeant lors d’une conférence investisseurs de l’entreprise à New York le 4 décembre 2024. Son arrestation cinq jours plus tard dans un McDonald’s de Pennsylvanie avait mis fin à une traque médiatique, après qu’un employé du restaurant ait reconnu le suspect.
Ce plaidoyer met fin à son procès fédéral, qui aurait pu lui valoir la prison à vie. Il écope d’une peine qui sera fixée le 18 décembre. La procédure a été saluée par la famille de la victime, présente à l’audience. Reste l’inconnue de son procès au niveau de l’État de New York, prévu en septembre, que ses avocats pourraient tenter de faire annuler en invoquant le principe de « double peine ».
Au-delà du fait divers, ce procès a été le révélateur d’une colère sourde contre les compagnies d’assurance aux États-Unis. Les mots « delay », « deny », « depose » (retarder, refuser, déposer) inscrits sur les munitions utilisées par Mangione faisaient écho à une critique des pratiques du secteur. Cet assassinat a mis au jour la violence institutionnelle que subissent quotidiennement des millions d’Américains, une violence de classe où le droit à la santé est sacrifié sur l’autel du profit.
Le soutien populaire inédit dont a bénéficié Mangione a déstabilisé la bourgeoisie américaine : Luigi Mangione a suscité une forte sympathie chez une large frange des classes populaires et moyennes, écrasées par les factures médicales et les refus de prise en charge. Cette sympathie pour l’assassin est un symptôme : elle dit l’épuisement d’un peuple face à un système qui broie les corps et refuse de les soigner, et dont les dirigeants, comme Brian Thompson, incarnent la face la plus cynique.












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