
Le Financial Times a ajouté une note d’avertissement à une tribune de l’économiste Ricardo Hausmann, professeur à Harvard, publiée le 13 août sous le titre « Trump is taxing the dark matter that pays America’s way ». Le journal indique avoir découvert qu’une intelligence artificielle avait été utilisée pour condenser une version plus longue du texte avant sa soumission. Or, son code de conduite interdit l’utilisation de l’IA dans le processus d’écriture.
La tribune porte sur la politique douanière de Donald Trump et ses conséquences sur les revenus tirés par les États-Unis de leurs actifs immatériels à l’étranger, notamment la propriété intellectuelle et le savoir-faire. Après sa publication, des lecteurs avaient soupçonné l’intervention d’une IA, certains pointant le style jugé artificiel du texte. Ces soupçons ont précédé la publication de la note du Financial Times.
L’affaire illustre les contradictions liées à la banalisation de l’IA dans les milieux académiques et médiatiques. Alors même que les institutions imposent des règles pour préserver l’écriture et le travail intellectuel humains, certains de leurs représentants recourent à des outils qui peuvent standardiser et appauvrir la production intellectuelle.
L’affaire est révélatrice des contradictions du monde académique et médiatique. Alors que l’usage des intelligences artificielles se répand rapidement dans la production de textes, y compris parmi les universitaires et les journalistes, les institutions tentent encore d’en fixer les règles d’utilisation. Dans le cas présent, c’est un professeur d’une des universités les plus prestigieuses du monde qui s’est retrouvé en infraction avec les règles du journal auquel il soumettait sa tribune.
Ce nouvel épisode montre surtout que l’essor de l’IA bouleverse déjà les pratiques intellectuelles établies, jusqu’au sommet des institutions académiques et médiatiques.












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