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Airbus et Boeing ont affiché des stratégies radicalement opposées cette semaine au salon aéronautique de Farnborough. L’avionneur européen a réaffirmé son ambition de lancer un successeur à son monocouloir vedette A320 à l’horizon 2030 pour une entrée en service en 2035. Boeing, lui, estime que les compagnies aériennes attendent avant tout un 737 MAX amélioré plutôt qu’un appareil entièrement nouveau.
Pour concrétiser son projet, Airbus a dévoilé « The Wing of Tomorrow », une aile plus longue, plus légère et pliante conçue pour réduire la consommation de carburant de 20 à 30 %. Les essais en vol doivent débuter cette année. « Nous nous préparons depuis longtemps. Début 2018, nous avons commencé à examiner ce qu’il faudrait faire », a déclaré le patron d’Airbus Guillaume Faury. L’objectif affiché est clair : devancer l’américain sur le terrain de la prochaine génération d’avions.
Boeing adopte une approche plus prudente. Pour lancer un nouvel avion, trois conditions doivent être réunies : les finances, la maturité technologique et la maturité du marché. Or, ce dernier critère reste incertain. « Le message que j’entends constamment est : “Oubliez les nouveautés. Faisons mieux fonctionner ce que nous avons déjà” », a déclaré le patron de Boeing Kelly Ortberg. La priorité du constructeur américain est d’augmenter ses cadences de production du 737, qui génère environ 70 % de sa trésorerie.
Derrière ce duel technologique se joue une bataille industrielle et commerciale entre les deux géants de l’aéronautique. Si Airbus mise sur l’innovation pour creuser l’écart, Boeing, fragilisé par des années de crise et un endettement élevé, choisit la consolidation. Cette divergence illustre les contradictions du capitalisme aéronautique : d’un côté, une course à la décarbonation et à la performance technologique ; de l’autre, une logique de rentabilité à court terme qui freine l’investissement dans le futur. Cette rivalité ne profite qu’aux actionnaires, tandis que les travailleurs du secteur et les populations subissent les conséquences d’une industrie pilotée par le profit.












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