Moins de deux ans après sa reprise en SCOP, la verrerie Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin est de nouveau en grande difficulté. Dans un communiqué publié le 22 mai, l’UD CGT du Loiret affirme que les salariés ont été informés de graves problèmes financiers, au point qu’un défaut de paiement des salaires et un nouveau placement en redressement judiciaire seraient désormais envisagés.
La situation est d’autant plus amère que la reprise de 2024 avait été présentée comme une victoire sociale, permettant de sauver les emplois et de maintenir en France un outil industriel historique. Mais cette SCOP n’a jamais correspondu à une véritable expérience d’autogestion ouvrière. Elle s’est plutôt construite comme une solution de sauvetage, dans laquelle les salariés portaient le risque, sans disposer des moyens financiers nécessaires ni d’un réel contrôle stratégique.

La CGT met directement en cause la gestion de l’ancien directeur général, écarté en avril. La presse locale a également relevé que son fils occupait le poste de directeur financier, avant d’être lui aussi mis à l’écart. De quoi nourrir, chez les salariés, le sentiment d’avoir été une nouvelle fois placés en première ligne pendant que les choix décisifs leur échappaient.
Il serait donc malhonnête d’y voir l’échec des SCOP ou du pouvoir des travailleurs. Le cas Duralex montre plutôt les limites d’une reprise ouvrière sans capital suffisant, sans plan industriel sérieux et sans contrôle effectif des salariés. Dans une industrie lourde frappée par le coût de l’énergie et la concurrence internationale, la bonne volonté ne remplace ni l’investissement ni la maîtrise collective de l’outil de production.
Duralex doit vivre avec tous ses emplois. Mais pour cela, il ne suffit pas de célébrer les salariés quand ils sauvent leur usine : il faut leur donner les moyens réels d’en décider l’avenir.












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