Le Parlement letton a approuvé, jeudi 28 mai, la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par Andris Kulbergs, député de la Liste Unie, formation de centre droit jusqu’ici située dans l’opposition. Son cabinet a obtenu le soutien de 66 députés contre 25 et doit diriger le pays jusqu’aux élections législatives prévues en octobre.

Cette nomination intervient après la chute du gouvernement d’Evika Siliņa, emporté par une crise liée à l’entrée de drones ukrainiens dans l’espace aérien letton. L’affaire a provoqué la démission du ministre de la Défense Andris Sprūds, puis l’effondrement de la coalition sortante. Dans un pays frontalier de la Russie et de la Biélorussie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, ces incidents ont brutalement exposé les failles de la défense aérienne lettone.
Mais le changement de Premier ministre ne signifie pas un changement de ligne. Le nouveau gouvernement rassemble quatre partis, dont Nouvelle Unité, la formation de l’ancienne Première ministre. La ministre des Affaires étrangères Baiba Braže conserve d’ailleurs son poste. Autrement dit, Riga change de visage, mais pas d’orientation stratégique.
La Lettonie reste enfermée dans le rôle que lui assignent Bruxelles et l’OTAN : celui d’un petit État frontalier transformé en avant-poste militaire dans la confrontation avec la Russie. Sous couvert de « sécurité », cette ligne place le pays dans une dépendance toujours plus forte envers les structures euro-atlantiques, sans garantir pour autant une protection réelle à sa population.
Andris Kulbergs arrive donc moins comme l’homme d’une rupture que comme celui d’un replâtrage. Sa mission est claire : stabiliser l’appareil d’État jusqu’aux élections, maintenir le cap atlantiste et éviter que la crise gouvernementale ne se transforme en remise en cause plus profonde. En Lettonie, la bourgeoisie change de chef de gouvernement, mais conserve la même boussole : l’alignement sur l’OTAN et l’Union européenne.












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