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L’Assemblée nationale approuve une hausse du budget militaire de 36 milliards d’euros

par | Mai 9, 2026 | Brèves | 0 commentaires

L’Assemblée nationale a franchi une étape clé jeudi 7 mai 2026 en adoptant l’article‑phare de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024‑2030. Le texte prévoit 36 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la précédente programmation de 2023, portant l’enveloppe totale des investissements budgétaires à 436 milliards d’euros sur la période. Cette hausse, qui doit encore être validée chaque année lors du vote du budget de l’État, a été approuvée dans un hémicycle très largement déserté – la plupart des députés étant déjà dans leur circonscription pour les commémorations du 8‑Mai.

La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a justifié cette rallonge par la « nécessité d’accélérer, de densifier notre effort de réarmement » à la lumière des « retours d’expérience » des guerres en Ukraine et au Proche‑Orient. Le texte met particulièrement l’accent sur les munitions – 8,5 milliards d’euros supplémentaires, soit 26 milliards au total sur la période – et sur les drones, pour lesquels deux milliards d’euros viennent s’ajouter aux 8,4 milliards prévus. Selon la trajectoire retenue, le budget annuel des armées atteindrait 76,3 milliards d’euros en 2030, soit 2,5 % du produit intérieur brut.

Le Rassemblement national et le Parti socialiste se sont abstenus, tandis que La France insoumise a voté contre. Le RN a accusé Emmanuel Macron de vouloir « forcer la main » du futur président élu en 2027, estimant qu’une nouvelle majorité pourrait remettre à plat la programmation. À gauche, les critiques ont porté sur l’absence de nouvelles ressources fiscales pour financer cet effort : le député LFI Bastien Lachaud a dénoncé le risque de ponction sur les dépenses sociales et les services publics. Le texte prévoit pourtant 13,3 milliards d’euros de ressources additionnelles – recettes immobilières, revenus du service de santé des armées, etc. –, ce qui n’a pas levé les doutes sur la soutenabilité budgétaire de la manœuvre.

Si l’exécutif vante une réponse aux « nouvelles menaces », cette envolée des crédits militaires s’inscrit surtout dans une logique d’alignement stratégique sur l’Alliance atlantique. L’engagement pris par les pays de l’OTAN de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035 – contre 2 % aujourd’hui – a déjà trouvé un écho dans le nouveau cap français. À travers cette loi, la France accélère sa militarisation sous le commandement des États‑Unis et renforce sa participation aux opérations extérieures de l’OTAN, en Europe orientale comme au Proche‑Orient. Ce faisant, elle fait le jeu de l’impérialisme occidental qui, sous couvert de sécurité collective, cherche à maintenir son hégémonie militaire et économique, quitte à s’engager dans une escalade sans fin avec la Russie ou à intervenir militairement pour contrôler les routes énergétiques et les flux migratoires.

Dans ce contexte, la France non seulement se plie aux injonctions de Washington, mais elle participe activement à la militarisation croissante du continent européen, hypothéquant ainsi toute perspective de désarmement et de résolution pacifique des conflits. Les 36 milliards d’euros supplémentaires ne serviront donc pas à protéger la population française, mais à alimenter une machine de guerre au service des intérêts géostratégiques de l’UE et de l’OTAN.

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