L’élection présidentielle d’avril 2026 au Bénin n’aura été qu’une formalité. Officiellement empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat, Patrice Talon laisse la place à son dauphin, l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni, élu avec plus de 90 % des voix dans un scrutin sans réelle concurrence.

Derrière l’apparence institutionnelle, tout a été fait pour empêcher une véritable opposition de se présenter. Le système de parrainage, qui impose le soutien d’élus largement acquis au pouvoir, a de facto exclu les candidats indépendants ou critiques. Résultat : une élection verrouillée, réduite à un face-à-face sans enjeu.
Depuis plusieurs années déjà, le régime Talon a entrepris de neutraliser toute contestation politique, à travers des mesures juridiques, des exclusions électorales et des poursuites visant des figures de l’opposition. Pour autant, cette chape de plomb n’a pas fait disparaître les résistances. Des mobilisations populaires ont régulièrement émergé contre la vie chère, les restrictions démocratiques ou encore la répression, témoignant d’un mécontentement réel dans les classes populaires.
Dans ce contexte, la situation régionale joue un rôle croissant. La montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui revendique une rupture avec l’ordre néocolonial et l’influence occidentale, exerce une pression politique indirecte sur les régimes voisins, dont le Bénin. Si le pouvoir béninois reste aligné sur les intérêts occidentaux et les institutions régionales traditionnelles, l’exemple sahélien contribue à nourrir, au sein des peuples, l’idée qu’une voie alternative est possible.
Ainsi, si un changement de visage intervient au sommet de l’État, la ligne politique, elle, demeure inchangée. Le Bénin confirme sa transformation en régime autoritaire stabilisé, où les mécanismes démocratiques bourgeois subsistent en apparence, mais sont vidés de leur substance, tandis que les contradictions sociales et politiques continuent de s’accumuler.












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