Au Sénégal, la recomposition du pouvoir autour d’Ousmane Sonko confirme une séquence politique tendue, sur fond de bras de fer autour de la souveraineté économique du pays. Quatre jours après son éviction de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye, le leader du PASTEF a été élu président de l’Assemblée nationale avec le soutien massif de la majorité parlementaire.

Cette élection intervient dans un contexte de fortes pressions des marchés financiers et du FMI sur Dakar, alors que le Sénégal traverse une crise de la dette héritée des années Macky Sall. Depuis plusieurs mois, Sonko défendait une ligne critique envers les injonctions du FMI, refusant notamment des restructurations dictées de l’extérieur et dénonçant les mécanismes de dépendance économique postcoloniaux.
L’opposition parlementaire a dénoncé une « mascarade », tandis que plusieurs médias occidentaux présentent cette recomposition comme un risque pour la « stabilité » des investisseurs. Mais derrière ce vocabulaire technocratique se joue surtout l’affrontement entre deux orientations : l’une favorable à l’ajustement imposé par les institutions financières internationales, l’autre portée par une partie du camp souverainiste sénégalais, qui réclame davantage de contrôle national sur les ressources, la dette et les choix budgétaires.
En prenant la tête de l’Assemblée nationale, Sonko conserve une base institutionnelle majeure et pourrait continuer à peser sur les réformes économiques, les contrats miniers et les négociations internationales. Dans son premier discours, il a promis une Assemblée tournée vers « la transparence », la « reddition des comptes » et la défense de la « souveraineté populaire ».
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